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Belle mobilisation pour une dernière séance qui n'avait pu avoir lieu cet été, après la déménagement "à la cloche de bois", organisée par Galeshka MORAVIOFF, propriétaire des CNP de Lyon, depuis 1998, depuis leur vente par Roger PLANCHON. Ce dernier a d'ailleurs dû se retourner trois fois dans sa tombe ce samedi, en réaction aux propos tenus, en public, par Marc ARTIGAU, la "cheville ouvrière des CNP, l'homme de l'ombre", comme il se qualifie lui-même. Artigau a toujours fustigé le fonctionnement des CNP...il faut dire qu'il connait bien la maison pour y travailler depuis trente ans. Les salariés du CNP Odéon avaient réinstallé ce samedi, quelques sièges rouges rescapés du déménagement éclair de cet été, pour accueillir le public et permettre aux ainés de s'asseoir dans des conditions correctes. Le personnel occupe depuis vendredi la salle de cinéma "art et essai" de la rue Grôlée. Un collectif de soutien aux CNP s'est formé et avait décidé d'organiser une journée de mobilisation. Elle débute dès 9 h 30 place des Terreaux, par une opération au contact du grand public, puis se poursuit à l'Odéon. Ses membres souhaitent attirer l'attention sur « le devenir incertain des cinémas indépendants en centre-ville » alors que le Grand Lyon s'apprête pour la première fois à accueillir un important festival de cinéma en octobre, avec Clint Eastwood en invité d'honneur. La journée de samedi aura connu son lot de nostalgie et quelques surprises. A midi, alors que les soutiens au CNP se délectent dans le hall d'accueil du cinéma, il se murmure que deux élus sont attendus, et pas des moindres, puisqu'il s'agit de Georges KEPENEKIAN (adjoint à la culture de Gérard COLLOMB) et d'Yvon DESCHAMPS (son homologue à la Région). Débute une séance de discussions à laquelle les journalistes ne sont pas conviés, seul le personnel des CNP participe à cette réunion qui durera une bonne heure. A la sortie, KEPENEKIAN est le premier à parler aux journalistes. « Il y a une panne de projet du propriétaire », regrette Georges Képénékian, qui ne semble guère apprécier MORAVIOFF... L' adjoint en charge de la culture à la ville de Lyon affirme que la réunion a permis de dégager trois axes de travail: d'abord la Ville va veiller à ce que les règles en matières sociales soient respectées pour le personnel des CNP. Ensuite, le devenir de la salle de l'Odéon devrait faire l'objet d'une attention toute particulière, notamment quant au maintien ou non de sa vocation culturelle. Enfin, la survie des cinémas Art et Essai fera l'objet d'un débat avec tous les acteurs concernés. Une fois cette mini conférence de presse achevée, les cinéphiles et défenseurs des CNP prennent place dans le cinéma, assis par terre pour la plupart, un coussin sous les fesses...Et là débute le vrai spectacle...spectacle vivant avant les dernières projections... Bien sur, les deux élus donnent leur position sous le regard intéressé du public, mais vient l'intervention de Marc ARTIGAU...lui qui se cachait depuis des années, se contentant de faire un travail remarquable de programmateur, en refusant de prendre position publiquement sur le fonctionnement des CNP. Mais, ce samedi 4 septembre, date de fermeture du plus vieux cinéma de Lyon, Artigau a décidé de sortir de sa réserve, réclamant à Galeshka MORAVIOFF son licenciement avec les indemnités qui lui sont dues, comme il y a dix ans, lors du rachat...mais à l'époque MORAVIOFF n'avait pas donné suite. Cette fois, le propriétaire des CNP aura sans doute l'occasion de tenter un licenciement pour faute grave, compte tenu des propos tenus par son directeur, en public... Marc ARTIGAU se lance dans un monologue qui va lui permettre de rappeler l'histoire des CNP, de 1967 à nos jours, n'hésitant pas à vilipender son propriétaire et employeur, l'accusant de multiples menaces par courrier interposé (les deux hommes ne se seraient plus parlés depuis 10 ans). Mais ARTIGAU s'en prend aussi à celui qui fait figure à Lyon de "Grand Homme de Théâtre": un certain Roger PLANCHON, décédé cette année et qualifié d'"usurpateur et de salaud". Le directeur des CNP lyonnais accusent Planchon de n'avoir rien fait pour les CNP et, au contraire de les avoir utilisés pour renflouer le TNP de Villeurbanne...autrefois liés par PLANCHON. Et Marc ARTIGAU dénonce aussi la caution des socialistes de l'époque. Des propos tenus devant les élus, KEPENEKIAN et surtout DESCHAMPS, homme de réseaux, socialiste, ancien adjoint à la culture de Villeurbanne, ancien chef de cabinet du maire de Villeurbanne, et qui connait donc bien...la grande maison du TNP. Heureusement, Yvon DESCHAMPS a toujours sa moustache et ses lunettes derrière lesquels il peut cacher ses sentiments... ARTIGAU ira au bout de son propos, sans déclencher de réactions de la part des élus: Georges KEPENEKIAN concluera même cette dernière séance en lançant "A demain !" Le public applaudit les intervenants mai c'est surtout Marc ARTIGAU qui explose l'applaudimètre pendant cinq bonnes minutes, signe de reconnaissance et de soutien à un écorché vif qui pourra compter sur les cinéphiles demain. D'ailleurs, l'intéressé a lancé un "appel à l'assistance publique". Chapeau l'artiste !
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